Faire vivre la solidarité
par des actions concrètes

3 octobre 2011

Pour une justice des mineurs ambitieuse, la Fondation tient à réaffirmer ses valeurs

A la suite de plusieurs rapports sur la délinquance, les projets de loi  transforment  radicalement les principes fondamentaux de la justice des mineurs issus de l’ordonnance de 1945 en remettant en question le sens de la prise en charge éducative et le rôle des juges des enfants.

Le droit des mineurs se rapproche  ainsi du droit des majeurs.

Nos équipes éducatives, qui sont quotidiennement engagées auprès de ces mineurs en difficulté dans le cadre de leurs missions de prévention, de protection de l’enfance et de Protection Judiciaire de la Jeunesse,s’inquiètent de cette évolution.

Il ne s’agit pas bien évidemment de nier les problèmes posés par le comportement délictueux d’un certain nombre d’adolescents et la nécessité de traiter ces problèmes mais de considérer  que l’enfant et l’adolescent sont des sujets en devenir et que leur comportement à un moment de leur vie ne prédit en rien leur conduite à venir.

Notre expérience nous a montré que c’est sur l’éducation et la confiance en ces adolescents qu’il faut parier. Les professionnels insistent sur la dureté croissante des contextes de vie, sur la souffrance sociale des familles et des jeunes rencontrés.

Dans ces milieux de vie très durs où l’assignation au territoire de « la cité »tient lieu de refuge et d’identité, les adolescents sont souvent aspirés dans des processus de ruptures sociales où se conjuguent le découragement des parents et le désarroi des institutions .

C’est à travers la diversité des actions proposées que les adolescents apprennent à trouver leur place, à renouer le dialogue avec les adultes et les institutions, à exploiter leurs ressources, à accepter  des contraintes, à orienter leur parcours.

C’est pourquoi la Fondation Jeunesse Feu Vert, forte de ses valeurs et de ses engagements, tient à rappeler que pour les mineurs la mesure éducative doit être prioritaire sur la sanction pénale. Les adolescents ont besoin pour construire leur identité et leur socialité, de vivre des relations structurantes avec des adultes.

La finalité de nos actions est d’aider chaque enfant confié à la Fondation pour qu’il ait sa chance et trouve la place qui lui est due dans la société.

Le conseil d’administration tient à réaffirmer que la Fondation apporte tout son soutien à ses équipes éducatives dans des circonstances où le travail éducatif risque d’être fragilisé.

Il continuera d’agir pour que l’adolescent qui rencontre des difficultés soit considéré comme un sujet digne de la mobilisation des adultes et de la société.

 

28 octobre 2011

Inauguration du local Payret-Arago à Saint Ouen

L’inauguration du local de l’équipe Payret-Arago, à  Saint Ouen, a eu lieu le 25 octobre.

De nombreux participants étaient présents pour inaugurer les nouveaux locauxde l’équipe Payret-Aragositués passage Elisabeth, au cœur du quartier Arago-Payret-Zola à Saint Ouen. Claudine Guthmann, administratrice de la Fondation, Bruno Van der Borght, directeur du service de Prévention de Seine-Saint-Denis et l’équipe intervenant à Saint-ouen ont accueilli Madame Jacqueline Rouillon, Maire de Saint-ouen, Monsieur Bally Bagayoko, Vice-Président du conseil Général, chargé de l’enfance et de la jeunesse ainsi que de nombreux partenaires, services de la ville, du département et de l’Etat et bien évidemment les jeunes et les habitants du quartier.

Ce fut l’occasion pour Claudine Guthmann de remercier la ville de Saint Ouen pour la mise à disposition de ces locaux spacieux, le conseil général pour son soutien à nos actions de prévention ainsi que les équipes éducatives qui agissent quotidiennement en direction des jeunes les plus fragilisés. L’action des éducateurs de rue ne prend sens que si elle s’inscrit dans un partenariat actif avec les parents et l’ensemble des structures socio éducatives qui interviennent dans le quartier, dans la ville ou le département. Jacqueline Rouillon, Maire de Saint-Ouen a souligné «  l’importance de réinvestir l’espace commun du quartier », Bally Bagayoko a rappelé qu’en matière de prévention spécialisée, la concertation  et la réflexion entre conseil général, ville et associations était incontournable. Bally Bagayoko a conforté le sens du travail éducatif des éducateurs de prévention spécialisée, en insistant sur le travail de prévention en amont et la protection des jeunes, appelant à une grande vigilance de tous pour « ne pas dévier vers le sécuritaire et le répressif, quelles que soient les pressions et les sollicitations ».

Pour cette manifestation, les parents, les enfants et l’équipe avaient préparé la table et d’excellents gâteaux.

22 novembre 2011

Journée sur l'insertion

Le 17 novembre 2011, une centaine de professionnels de la Fondation Jeunesse Feu Vert et de partenaires se sont réunis sur la question de l’insertion.

« Accompagner les jeunes, les usagers, vers et dans une dynamique d’insertion : quels constats ? Quelles réponses mises en œuvre à la Fondation », tel était le sujet de la première partie de la matinée.

Le film « Ballades en terre d’insertion », réalisé par José Sorba, de Polynôme, ainsi que les témoignages des professionnels de plusieurs services, montraient la richesse et la diversité des actions : accompagnements individuels fondés sur des relations de confiance qui se tissent dans la durée et moments de vie collective lors d’ateliers, de chantiers éducatifs, d’expériences d’insertion professionnelle,…

M. Correia, directeur général de la Mission locale de Paris, nous a tracé les orientations qui ont prévalu lors de la création des missions locales, suite au rapport Schwartz (1982). La question de la jeunesse restée à la marge du progrès social devait trouver une réponse par la formation et l’insertion professionnelle, fondée sur un accompagnement global et une proximité institutionnelle. Mais aujourd’hui, une politique centrée prioritairement sur l’emploi s’est substituée à cet idéal premier. Pour autant les missions locales sont avant tout des structures intégratives. Puis M. Correia a présenté l’organisation parisienne.

L’atelier traiteur de la Maison de la Juine, servi par Djibi et Michel Morin, a régalé les convives.

L’après-midi a été consacré à trois ateliers où les échanges ont permis de mieux se connaître, de découvrir les expérimentations, les actions de collègues de la Fondation et de partenaires :

-       L’accompagnement socio-éducatif.

-       L’insertion et la formation

-       L’accession à l’emploi des jeunes.

 Le président et la directrice générale ont remercié l’ensemble des personnes qui ont contribué à la réalisation de cette journée. Parmi ceux-ci nous citerons les personnels des services et établissements, et de nombreux acteurs partenaires : les espaces dynamiques d’insertion CIEJ, Nord-Ouest et Parcours - l’association intermédiaire Travail au Clair, le bailleur Paris Habitat, les entreprises d’insertion Urbatir Infobat et Apij, la PJJ, Solidarités Jeunesse, la DASES.

22 novembre 2011

Visite des futurs locaux des Jacquets à Nanterre

Les administrateurs ont visité des locaux pour les Jacquets à Nanterre

Serge Burghoffer, Directeur des Jacquets, a accueilli plusieurs administrateurs et directeurs le 18 octobre dans les futurs locaux des Jacquets à Nanterre. Avec Jean-Marc Steindecker, Président, et Nicole Gloaguen, Directrice Générale, ils ont expliqué les travaux à effectuer pour pouvoir accueillir les enfants à la rentrée de septembre 2012.

L’atelier traiteur de la Maison de la Juine a assuré le buffet du midi, servi par les jeunes Djibril et Alexandre, accompagnés par Mme Toulouse, éducatrice.

10 février 2012

La solidarité, quel chantier !

3 équipes de la Fondation ont réalisé des chantiers de solidarité : 2 au Maroc et 1 au Sénégal. Ces projets ont été menés dans le cadre de nos actions de prévention spécialisée, qui sont financées par la DASES à Paris, et le Conseil Général de Seine-Saint-Denis.

Les séjours des équipes de prévention spécialisée au Sénégal et au Maroc ont été soutenus par la région Ile de France et la Fédération Léo Lagrange.  

Ces chantiers permettent à des jeunes de découvrir des pays, des conditions de vie, et de participer à des actions de solidarité.  

Des restitutions de ces séjours ont été faites, photographies et films à l'appui, avec la participation des équipes, des jeunes et de leurs familles.

25 mai 2012

Les Jeunes en difficulté, une autre manière de travailler

Solidarité intergénérationnelle, dialogue, confiance : les entreprises n'ont-elles pas à apprendre des jeunes en situation de fragilité économique et sociale ?

Fin 2010, un emploi sur quatre occupé par une jeune a bénéficié d'une aide de l'état. L'inflation de dispositifs publics d'insertion professionnelle au fil des années prouve on ne peut mieux la dimension contraignante de la relation entre les employeurs et les jeunes. Une contrainte décuplée lorsqu'il s'agit d'intégrer des jeunes en difficulté. Pourtant, les entreprises n'ont-elles pas beaucoup à apprendre de ces publics qu'elles ont spontanément tendance à écarter ?

INVERSER LA LOGIQUE

Créée en 1957 et reconnue d'utilité publique en 1973, la Fondation Jeunesse Feu Vert aide des jeunes et des familles en difficultés économique, sociale et d'insertion professionnelle. Au travers de nombreuses structures sociales (centres psychopédagogiques, foyers éducatifs, centres d'hébergement, services d'aide à la formation et à l'insertion professionnelle, entreprise d'insertion professionnelle, atelier traiteur, centre de vacances), elle accueille chaque année plus de 7000 jeunes (enfants, adolescents et jeunes adultes) dans quatre départements d'Île-de-France (Paris, Hauts-de-Seine, Essonne, Seine-Saint-Denis).

"En matière d'insertion, le postulat qui prévaut est celui selon lequel il faut se former pour travailler. Mais pour tous les jeunes qui sont déscolarisés depuis des années, l'idée même de la formation peut faire peur. Il faut donc inverser la logique : permettre l'expression en gestes professionnels qui pourront ensuite être transposés sur la base de formations techniques", développe Patrick Gosset, gérant d'Infobat, unes des entreprises d'insertion de la Fondation.

NOUVEAUX CODES RELATIONNELS

En développant au travers de cette variété de structures une approche systémique de l'insertion, Jeunesse Feu Vert rompt avec les codes en vigueur dans le monde de l'entreprise. Alors que les organisations du travail ont souvent tendance à infantiliser les rapports humains, la démarche de prévention repose sur la capacité d'une équipe à construire une légitimité basée sur des relations paradoxalement très "adultes". "La confiance, l'écoute, le sens du dialogue avec les jeunes, la franchise, la proximité, l'engagement quotidien des professionnels permettent d'apaiser les tensions. À condition bien sûr de se donner le temps nécessaire à un suivi extrêmement personnalisé", souligne Jean-Marc Steindecker, le Président de la Fondation. Transparence, échange, sécurisation des parcours, solidarités intergénérationnelles : pour les employeurs, la logique de l'insertion peut également être l'occasion de mettre en œuvre une véritable démarche qualité : pilotage en interne, investissements sur la qualification des tuteurs, négociations au niveau des branches, promotion des bonnes pratiques. Une démarche qui associe les publics internes, bien sûr, mais aussi les personnels externes (intérimaires, prestataires, sous-traitants), ainsi que les clients, les fournisseurs, les relais d'opinion …

Et ça marche. Sur les trois dernières années, 60% à 70% des jeunes passés par les structures d'insertion de Jeunesse feu Vert ont trouvé du travail.

L'INSERTION, UNE OPPORTUNITÉ POUR LES ENTREPRISES

Si elle permet d'infléchir les courbes de l'exclusion sociale, notamment chez les jeunes, l'insertion imprime également de nouvelles dynamiques pour les employeurs.

Les 18-25 ans sont les principales victimes de la crise de l'emploi. "L'un des axes de travail majeurs en matière d'insertion porte sur l'accompagnement dans l'emploi. Les dispositifs s'arrêtent pour la plupart aux portes des entreprises. Or, si on ne l'accompagne pas dans son poste et ses tâches, pour peu qu'il n'ait pas été préparé dans ses représentations et sa formation initiale au monde de l'entreprise et du travail, un jeune va très vite décrocher", affirme Matthieu Angotti, Directeur Général de la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (FNARS).

La logique d'accompagnement constitue en soi un véritable atout pour les entreprises : elle leur permet de construire des approches transversales intergénérationnelles, où les jeunes vont permettre à leurs aînés de valoriser des compétences massivement inexploitées. Elle est également l'occasion pour les entreprises de mettre en œuvre une véritable démarche qualité : pilotage en interne, investissements sur la qualification des tuteurs, négociations au niveau des branches, promotion des bonnes pratiques. Une démarche qui associe les publics interne, bien sûr, mais aussi les personnels externe travaillant à l'intérieur de l'entreprise (intérimaires, prestataires, sous-traitants), ainsi que les clients, les fournisseurs, les médias … Cet élargissement du spectre des bénéficiaires offre des perspectives inédites pour l'entreprise.

3500 STRUCTURES D'INSERTION PAR L'ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE

Élargir le spectre, c'est aussi ce que propose L'Insertion par l'Activité Économique (IAE). Chaque année, plus de 200 000 personnes - bénéficiaires du RSA, jeunes sans qualification, chômeurs de longue durée - sont salariées dans quelques 3 500 structures d'IAE en France.

La fédération Coorace réunit ainsi à elle seule près de 500 entreprises de l'économie sociale et solidaire, qui salarient actuellement près de 100 000 personnes dont 83 000 dans le cadre de parcours d'insertion. "Les entreprises du réseau Coorace ont offert une place aux personnes les plus précarisées, et ont développé la représentation des salariés, leur participation au fonctionnement et à la gouvernance de leurs entreprises, recréant ainsi des espaces de démocratie dans l''économie", souligne Christophe Chevalier, Président de Coorace. Pour autant, l'insertion par l'activité économique est extrêmement perméable aux aléas de la conjoncture.

REVALORISER LE TERRITOIRE

Du coup, les entreprises d'insertion doivent innover. Parmi les solutions à disposition : les Groupements d'Économie Sociale (GES), des entités mutualisées aptes à porter différents outils spécifiquement créés pour les structures de l'économie sociale. "Les structures et activités d'un GES sont liées par un projet collectif de contribution à la création d'activités économiques sur le territoire, au travers d'une offre de service coordonnée qui se traduit notamment par une stratégie globale de valorisation et de dynamisation des compétences et des emplois", commente Christophe Chevalier. En permettant aux entreprises d'insertion d'atteindre des tailles critiques, les GES vont recréer l'emploi, mais aussi réinventer du lien à l'échelle de territoires de vie, autour d'acteurs de natures diverses : acteurs de l'économie sociale, PME, collectivités.

Muriel JAOUËN, JEUNE DIRIGEANT n°97, Avril 2012

 

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