Faire vivre la solidarité
par des actions concrètes

1 octobre 2019

Journal réalisé par les enfants des Jacquets (octobre 2019)

Aujourd’hui, les enfants des Jacquets sont fiers de vous présenter leur numéro pour octobre 2019.

Découvrez le nouveau journal des petits journalistes des Jacquets.

octobre 2019 : Le journal des 3, Le plan de travail, Carnet de bord de la classe verte, Nos textes libres, Du côté des autres classes.

Les enfants des Jacquets sont très heureux de vous faire partager leur monde à l'imagination débordante.

Venez découvrir leur quotidien riche en découverte et partage.

Bonne lecture…

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3 juin 2010

Article de presse du 3 juin 2010

ls tentent d'éviter aux jeunes de basculer.

Fred, au milieu, discute avec des jeunes de la rue des Fougères qu'il connaît bien. S. POUZET / 20 MINUTES

PREVENTION - Dans le quartier Fougères, les éducateurs de rue suivent plusieurs centaines d'habitants...

Ils squattent le porche d'un immeuble de la rue des Fougères (20e) qu'ils ont rebaptisé «la passerelle» ou «le QG». Quand le groupe d'ados ou jeunes majeurs aperçoivent Fred, l'un des éducateurs de rue du quartier, ils sourient, lui serrent la main avec respect.
Frédéric Mignot est le responsable d'une des équipes parisiennes de la fondation Jeunesse Feu Vert, la plus importante association de prévention spécialisée à Paris. Cette forme d'éducation sociale et éducative fait l'objet aujourd'hui et demain de journées nationales en Ile-de-France (lire encadré).

Aller au devant des jeunes

«Le but des éducateurs est d'aller dans la rue au devant des jeunes en danger de marginalisation, d'échec scolaire, d'inadaptation, explique Fred. Qu'il s'agisse de délinquants ou de jeunes en bordure de délinquance, nous avons un travail de passeurs : nous tentons de faire le lien avec les dispositifs de droit commun comme l'ANPE, l'école ou même les institutions judiciaires.».
D'où une position parfois délicate à gérer: «Nous devons dire les choses sans complaisance ni complicité. Mais nous ne devons pas devenir des cons d'adultes comme les autres.» Présent depuis huit ans dans le quartier – «un entre-deux entre Paris et la banlieue» – Fred connaît beaucoup de familles, ce qui lui donne une vrai légitimité. «Moi et les quatre autres éducateurs connaissons environ 400 jeunes, faisons des activités avec environ 200 et en suivons 50 au quotidien.» 
«S'il était venu en disant "je suis le chef", on lui aurait cassé la gueule mais il s'est intégré», fait valoir Abdelkrim, 18 ans. Lui comme ses potes sollicitent les activités sportives que Feu Vert organise à la campagne. Mais pas sans contre-partie. Les stages de ski, de rafting ou encore la participation financière pour décrocher le permis de conduire sont accordés uniquement aux jeunes qui participent à des chantiers éducatifs comme couper du bois, repeindre une pièce ou débroussailler. 
Omar, 16 ans, adore: «On a besoin d'eux pour quitter le quartier. Sans Feu Vert, on péterait un câble. Là, on apprend d'autres choses sur la France, on voit d'autres horizons». Fred, lui, met en garde: «L'opinion publique nous attend sur la prévention de la délinquance. Mais notre boulot, c'est le long terme. Nous ne sommes pas des pompiers sociaux.»

Alexandre Sulzer

Chiffres

Près de 60 salariés de Jeunesse Feu Vert interviennent à Paris auprès des jeunes de 12 à 21 ans dans les 11e, 14e, 19e et 20e arrondissements. Au total, dans la capitale, 300 éducateurs suivent 16 000 jeunes via 16 associations spécialisées.

8 octobre 2010

Le Service Educatif - AEMO a déménagé

Depuis le 1er octobre 2010, le Service Educatif AEMO est situé :

 CENTRE LES IRIS
85 ROUTE DE GRIGNY
91130 RIS-ORANGIS

 Les coordonnées téléphoniques et le fax ne changent pas :
Tél : 01.69.45.91.40 - Fax : 01.69.45.91.41

 

20 octobre 2010

Article de presse du 15 octobre 2010

A Paris, des éducateurs de rue au contact quotidien des jeunes des quartiers

Répandue dans les années 1980, la prévention spécialisée est redécouverte par les juges des enfants

Reportage

Le pas mesuré, l'oeil attentif, Asma, Fleur et Mélanie font leur " tour de rues " comme plusieurs fois par semaine du lundi au samedi, quels que soient le temps ou la saison. La prévention de proximité est leur quotidien. Agées de 22 à 29 ans, elles appartiennent à la quarantaine d'éducateurs de prévention spécialisée - ou éducateurs de rue - employés par la Fondation Jeunesse Feu Vert, créée en 1957 et largement présente à Paris et en Seine-Saint-Denis.

Leur terrain d'action est une langue de bitume de quelques hectomètres carrés de l'Est parisien, coincée entre un des boulevards des maréchaux et le périphérique, et plantée de logements sociaux. Leur mission ? L'accompagnement scolaire, l'occupation du temps libre et l'aide à l'insertion professionnelle pour les 12 à 21 ans du secteur. Bref, tout ce qui permet aux jeunes de ces quartiers populaires d'échapper au désoeuvrement et, parfois, aux tentations de la délinquance.

Très présent dans les années 1980, le travail des éducateurs de rue s'est progressivement réduit jusqu'aux années 2000, victime notamment des réductions de financement des associations. Le recentrage d'institution comme la Protection judiciaire de la jeunesse - les éducateurs d'Etat - sur des missions pénales au détriment de l'accompagnement social a conduit certains juges des enfants à redécouvrir l'apport de ces associations. " Comme les moyens se réduisent au niveau étatique, on fait appel aux éducateurs spécialisés, qui font un travail très intéressant et méconnu ", explique un magistrat.

Il faut voir l'accueil réservé à Asma, Fleur et Mélanie pour mesurer leur utilité auprès des jeunes de ce quartier, dont les fratries sont très larges : dès qu'ils les aperçoivent, les bouts de chou de 8 ans rappliquent. La poignée de main rituelle - dont les jeunes s'acquittent très spontanément - une fois échangée, on évoque la rentrée des classes.

« Libre consentement »

Les gamins ont surtout des projets extrascolaires. " La patinoire ! ", réclame une petite de 9 ans, son trousseau de clef et la carte de fidélité d'une épicerie discount autour du cou. Rendez-vous est pris la semaine suivante à 13 heures, " au banc " proche du collège de secteur : un des lieux de ralliement des jeunes du quartier, déserté en ce mercredi après-midi. Pour les ados, une sortie au Futuroscope dans le Poitou se profile pour les vacances de la Toussaint.

Les groupes se composent par affinité. " Feu Vert fonctionne sur le principe du libre consentement et de l'adhésion spontanée ", explique Annie Léculée, 62 ans, sa directrice depuis 1998. Pas question pour autant de laisser les jeunes s'installer dans un système de consommation des loisirs. Ils participent toujours symboliquement. Pour les sorties les plus onéreuses ou les séjours de vacances, ils recueillent des fonds en préparant des repas dans un restaurant associatif. " Ça ne finance évidemment pas la totalité du séjour, explique Mélanie, mais c'est une occasion informelle de travailler sur l'hygiène, la présentation, l'amabilité, le respect d'horaires de travail et la mixité garçon-fille. "

Frédéric, 42 ans, responsable de l'équipe de six éducateurs du secteur, a apprivoisé il y a huit ans ce quartier assoupi où ne subsistent que deux épiceries, une boulangerie, un tabac-presse et un salon de coiffure. Une zone d'activité concertée (ZAC) qui sort de terre juste à côté pourrait donner un nouvel élan au quartier.

L'avènement du téléphone portable a contribué à resserrer les liens des éducateurs avec les parents de ses jeunes. " Ils ont nos numéros, explique Asma, et on les appelle pour donner les horaires des sorties. Ça évite que les jeunes traînent et rentrent tard sous un faux prétexte. "

Le travail avec les familles et le soutien parental sont des axes forts de leur travail. " Nous sommes accueillis à bras ouverts dans les appartements des familles, dit Mélanie. Peu de mamans travaillent, mais elles ne sortent guère non plus, du coup, elles sont très en demande de relations avec nous. Elles savent qu'on ne prend pas leur place et qu'on contribue plutôt à la leur redonner en les épaulant. "

L'éducateur est une figure d'autorité appréciée des familles. " Il m'est arrivé d'aller chercher un jeune au commissariat à la demande de ses parents parce qu'ils travaillaient ou qu'ils ne maîtrisent pas suffisamment bien la langue ", explique Frédéric. D'autant que ce travail est effectué sur la durée.

Les éducatrices insistent sur l'importance de ce travail sur la durée. " Comme on a vu naître certains des enfants, on les accompagne mieux en cernant leurs besoins et le fonctionnement des familles ", disent-elles.

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Des assises pour prévenir la délinquance juvénile

Jean-Marie Bockel, le secrétaire d'Etat à la justice, a organisé, jeudi 14 octobre, à Paris, des Assises de la prévention de la délinquance juvénile, pour " mieux agir ensemble ", avant la remise de son rapport au président de la République, et à la veille d'un remaniement ministériel.

" L'augmentation de la délinquance des jeunes n'est pas une fatalité ", a indiqué M. Bockel, qui prône une approche globale du problème. Il ne s'agit que d'une " opération de communication ", assurent cinq organisations syndicales du monde judiciaire, alors que la majorité " a progressivement démantelé " depuis des années le mode de prise en charge des mineurs.

Patricia Jolly

© Le Monde

 

10 novembre 2010

Une Journée sur la scolarité

Riche d’apports et de réflexions

La journée de formation sur la scolarité organisée le 29 septembre a réuni à l’institut Val Mandé plus d’une centaine de participants, professionnels de la Fondation mais aussi partenaires de la protection de l’enfance, de l’Education Nationale et du secteur associatif, preuve d’une attente forte de réflexion sur la « question éducative ».

En introduction de la journée, Jean-Marc STEINDECKER, Président, tout en reconnaissant la dureté des contextes et l’amplification des difficultés, a insisté sur l’enjeu de favoriser la réussite scolaire afin de permettre à chaque jeune d’avoir sa place dans la société.

Après une présentation des actions développées par les différents établissements et services de la Fondation, la table ronde animée par Jean Pierre DEDONDER, Vice Président, ancien Recteur de l’Académie de Créteil, a permis de mettre en lumière les transformations majeures et de faire ressortir les défis à relever, notamment dans le soutien et l’accompagnement des jeunes les plus fragilisés. Plusieurs thématiques ont été abordées par les intervenants : le sens des savoirs que dispense l’école, l’autorité dont elle a besoin, sa place dans la société, les relations de l’école avec la famille, la diversité des dispositifs, le partenariat, etc.

A partir de leurs expériences respectives et après avoir rappelé le cadre des missions de prévention et de protection de l’enfance, Serge BURGHOFFER, Directeur des Jacquets et Annie LECULEE, Directrice du service de prévention Paris, ont insisté sur la nécessité de poser un cadre structurant pour les enfants et les adolescents, de préciser le sens donné aux projets et de rester «  à sa juste place », en distinguant les espaces de l’école, de la famille et de l’environnement. En effet, il ne s’agit pas de se substituer à l’Education Nationale, ni même d’agir dans le seul domaine de la réussite scolaire mais d’apporter un soutien aux enfants et aux jeunes en prenant en compte la globalité de leurs difficultés. Ils nous ont aussi fait part de plusieurs préoccupations : la dureté de l’environnement social et économique des enfants et des adolescents, les phénomènes de rejet de l’école, l’absentéisme, l’importance du nombre de jeunes déscolarisés sortis très précocement du système scolaire, leur souffrance mais aussi celle de leurs parents. Annie LECULEE a insisté sur l’importance d’éviter la dispersion des énergies dans  « l’empilement » des dispositifs afin de garder le sens de la mission éducative première.

Jean-Claude SAUVAGE, Directeur, responsable des établissements à la PJJ de l’Essonne, a présenté la diversité des réponses de la Protection Judiciaire de la Jeunesse en direction des jeunes qui leur sont confiés : partenariat avec l’Education Nationale dans le cadre de la réussite éducative, classes relais, actions diversifiées autour du sport, soutien éducatif en milieu carcéral…

Daniel CALIN, professeur de philosophie, psychopédagogue, nous a rappelé que les liens entre difficultés scolaires et sociales ne sont pas évidents d’où l’importance de ne pas étiqueter et enfermer l’enfant dans une catégorie. Bien au contraire, les écarts de perception sont des éléments d’ouverture pour l’enfant, il est judicieux de ne pas avoir un regard unique mais plutôt de cultiver nos désaccords…

Jean-Pierre BARATAULT, Inspecteur Education Nationale, conseiller technique auprès du Recteur d’Académie sur la question du handicap, connaissant bien les problématiques des élèves en rupture d’école, a insisté sur le rôle incontournable de la famille mais aussi de l’environnement. Les méthodologies de médiation mises en place dans le cadre d’un dispositif de soutien s’appuient sur une analyse systémique et la prise en compte des ressources des élèves, la priorité est de fédérer tout ce qui fonctionne et d’agir le plus tôt possible.

Bernard CHAMPAGNE, psychosociologue, à partir de différents travaux, notamment d’une étude réalisée par le Conseil Technique de la Prévention Spécialisée, fait le constat que si le projet de réussite éducative est partagé entre les enseignants et les parents, il ne l’est plus avec les adolescents. En effet, compte tenu des problèmes qu’ils rencontrent, ils ne croient plus que l’institution scolaire facilitera leur promotion sociale. Par ailleurs, l’équilibre entre l’élève adolescent et sa place dans la famille est difficile à tenir, les adolescents ont d’autres rôles à occuper dans le quartier. Il y a une tension entre le statut d’élève et le processus d’adolescence. Valoriser leurs ressources suppose de repérer et reconnaître leur ingéniosité.

Au regard des différents enjeux de l’Education : Scolarisation/Protection/Socialisation, l’Education Nationale ne peut appréhender seule ces trois fonctions, d’où l’importance des coopérations avec d’autres acteurs (partenariat avec les collectivités locales, les associations…).

Bénédicte MADELIN, Directrice du centre de ressources Profession Banlieue situé à Saint-Denis nous a rappelé que la naissance de la réussite éducative est née de la prévention de la délinquance. Le plan Borloo a créé 750 équipes éducatives. Un travail mené en Seine-Saint-Denis dans le cadre du programme de réussite éducative, à partir de la question «  Pourquoi certaines familles sont-elles signalées ?», montre que les familles signalées sont celles qui vivent dans des situations de précarité voire de survie, qu’elles n’ont plus de temps à consacrer à l’école. Elles ressentent fortement les inégalités sociales, considérant que leurs enfants n’ont pas le droit d’accéder aux écoles de la réussite, elles vivent dans «  l’entre soi des pauvres ». Pour compléter l’analyse précédente sur l’échec scolaire, s’appuyant sur les travaux des chercheurs Bernard CHARLOT et Jean Yves ROCHEX, Bénédicte MADELIN rajoute qu’il n’y a pas de déterminisme, de causalité mais des corrélations. Ainsi les familles migrantes récentes rencontrent plus de difficultés.

Maryse ESTERLE-HEDIBEL, sociologue, maître de conférences à l’IUFM du Pas-de-Calais fait plusieurs constats à partir de ses études sur le décrochage et l’absentéisme scolaire. Hormis les cas rares de troubles psychopathologiques, elle note que ces phénomènes sont multifactoriels : un contexte marqué par les inégalités sociales, la perte de sens de leur présence à l’école pour des élèves qui sont en difficulté depuis très longtemps, les orientations, la transmissions des savoirs qui s’appuie peu sur la capacité d’expression orale, peu valorisée à l’école…

Par ailleurs, les enseignants travaillent peu en équipe, ils sont très isolés pour gérer les différentes situations, notamment le lien entre le collectif et l’individuel, ils doivent bénéficier de formations.

Ce qui les différencie des éducateurs de prévention spécialisée qui ont des possibilités différentes : accueil, écoute, relation, ce qui leur permet d’assurer un soutien, une médiation entre les enfants et la société dans laquelle ils devront trouver leur place.

Après quelques questions et des échanges autour d’un repas, le travail en atelier s’est poursuivi l’après-midi dans 4 ateliers animés par des professionnels de la Fondation ainsi que par Isabelle BROCHARD, principale du collège Robert DOISNEAU à Paris et Santiago SERRANO, responsable de la Mission Départementale des conduites à risques au Conseil général de Seine-Saint-Denis. Cela a permis de croiser les points de vue et de conforter les participants dans la nécessité d’agir, en investissant dans l’écoute et l’accompagnement des jeunes et de leurs parents.

Maryse ESTERLE-HEDIBEL et Bernard CHAMPAGNE nous ont donné quelques pistes de réflexion et nous ont conseillé de poursuivre nos actions en respectant les fondamentaux de l’action éducative : se hâter lentement…

Jean-Marc STEINDECKER a remercié l’ensemble des intervenants et des participants à cette journée et nous a invités à poursuivre cette réflexion afin de mettre en place des pratiques toujours mieux adaptées.

 

 

 

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